121 — HYMNE DES VAUDOIS

Ô Père, entends Ton peuple, affligé sous l'outrage,
T'implorer du désert et du rocher sauvage,
Quand, de Tes enfants, les tueurs rendent d'accord
Un culte injurieux sous des absides d'or,
Et détiennent pour eux maint vaste et riche espace
Où gonfle le raisin et le froment s'amasse.

Pourtant meilleure était cette montagne rude
Et la vie au danger pleine d'inquiétude —
Vigilance la nuit, combats pendant le jour,
Et services pieux aux antres d'alentour —
Tout était bien meilleur que de ployer l'échine
Dans leur rite odieux que Ta Loi abomine.

Tu dictes au tonnerre, et la terre solide
Ondule sous Ta main et redevient rigide ;
Tu lances nation contre autre nation,
Puis le monde à nouveau retrouve sa raison.
Touche leur cœur trop dur, chasseurs de Tes fidèles —
De nos femmes bourreaux et de nos êtres frêles*.

Pourtant, Dieu fort, Ton front dévoile Ta colère
Qui, formidablement, ébranlera la terre ;
Lors, le droit insensé du péché clérical
Et son idolâtrie auront leur sort fatal.
Tu donneras la gloire à Tes humbles héros,
Et tes saints délivrés jouiront du repos.

* enfants en bas âge. — Trad.