Le chemin est obscur, mon Père ! Un noir nuage
S'avance sur ma tête et déjà, de l'orage
Roulent les grondements. Comme un homme incertain,
Je ne sais comment faire ! ô Père, prends ma main ;
Par la nuit difficile,
Conduis au sûr asile
Ton enfant.
Le chemin est bien long, mon Père ! Au fond de l'âme,
C'est le calme repos du but que je réclame,
Pendant que je voyage en ce pays malsain ;
Garde-moi de l'erreur, ô Père, prends ma main ;
À la porte céleste,
Conduis tout droit et preste
Ton enfant.
Le sentier est rugueux, mon Père ! et de l'épine
L'aiguillon m'a meurtri ; en souffrant je piétine
Les pieds ensanglantés ; mais Ton ordre divin
Me presse d'avancer ; ô Père, prends ma main.
Alors joyeux, dispos,
Conduis jusqu'au repos
Ton enfant.
La foule enfle, mon Père ! À fréquente reprise.
Doute, crainte et dangers m'assaillent par surprise
Les ennemis frappent aussi. Je ne peux point
Tenir ou rester seul. O Père, prends ma main.
Et conduis par Ta grâce,
Sauf, à travers la masse,
Ton enfant.