Je voudrais arborer la divine parure
Dont Toi seul, ô Dieu, peux faire le don ;
Ces beaux vêtements de lumière pure
Qui marquent ici-bas les gens de Ta maison.
Mon désir le plus cher serait d'être semblable
À Toi, mon Sauveur ; qu'enfin reconquis,
Ce reflet fidèle et tant désirable
Puisse me revêtir de Ton attrait exquis.
Mon voeu serait d'être marqué comme Ta chose,
D'avoir au front la trace de Ton sceau,
Tenir le caillou blanc où Ta main pose
Ce nom que seul Tu peux offrir : " le nom nouveau ".
Oh ! je voudrais aussi faire en Toi ma demeure
Et, pour tout Ton honneur, rapporter du fruit ;
Le rameau taillé par Toi, sans qu'il meure,
Peut sembler sans vigueur, paraître décrépit.
Je voudrais que Ta main desserrât chaque entrave
Qui me retient à tout terrestre objet
Que je chéris trop, dont je suis l'esclave,
Sans que mon coeur trop faible exerce son rejet.
Je voudrais que par mon comportement paisible,
Par mes discours et par mes actions,
L'on sache qu'en un pays invisible,
J'ai tout placé : trésor, coeur et affections.
Je voudrais, voyageur, aller d'un pas rapide
Tout droit vers le but, sans aucun répit,
Sans anxiété ou tourment morbide
Au sujet de ma tente et éphémère abri.
Je voudrais (et ces mots résument ma prière) :
Te glorifier jusque dans ma mort,
Puis rendre mon âme à Tes soins, ô Père,
Par mon dernier soupir, Te suppliant encore.