Laisse-moi Te parler de tout ce que je fais,
De ce dont j'ai souci, de ce que je voudrais.
Seigneur, fais-moi sentir Ton pouvoir, Ta tendresse,
Ta diligence aimable et qui jamais ne cesse ;
A Ton sage conseil permets-moi le recours
Quand je le trouve urgent et cherche Ton secours.
Quel que soit mon tracas, il n'est pas trop futile
Pour Celui qui prend soin du passereau fragile ;
Non plus, il n'est pas trop terrestre pour Tes yeux,
Car Tu dis : " Sont comptés chacun de vos cheveux ".
C'est par ces meurtrières qu'un rival infâme
Projette l'étincelle et qu'elle devient flamme.
Les besoins d'argent pressent-ils ? Tu ne saurais trancher
D'un tel genre de cas les craintes, le danger.
Ceux que j'aime sont-ils un souci véritable ?
Tu ne peux leur ôter un fardeau supportable.
Face aux mystères de Ton Livre ou volonté,
Ta voix peut m'exhorter à la tranquillité,
Puisque ce qu'à présent il est ardu d'entendre
Dans le pays promis sera clair à comprendre.
Serais-je chagriné des assauts du péché,
Des ruses de Satan par ma chair agacé ?
Présent Toi-même, en prêtre charitable,
Seigneur, délivre-moi ; j'avoue être coupable.
Faiblesse et lassitude, ou trouble n'ont-ils pas
Envahi ma maison que Tu fis ici-bas ?
Ta main, Seigneur, peut toucher la source cachée
Des dégâts ; amortir sa fureur déclenchée.
Voudrais-Tu m'enseigner que Tu me chargerais
De combler les besoins des moins favorisés ?
Tu peux ainsi guider ma main, qu'elle puisse être
Celle d'un " donateur joyeux ", comme Toi, Maître.
Pourrais-je n'être pas sûr de ma mission ?
Toi seul peux m'en montrer l'orientation.
Où je dois me porter, c'est Toi qui le décides
Et choisis les amis, les serviteurs, les guides.
Je mettrai sous Tes yeux les livres que je lis,
Qu'ils me soient instructifs, consolants et bénis.
Je voudrais, chaque jour, avoir Ton audience ;
Mon coeur t'obéissant en toute déférence.
Et quoi qu'engendre ma pérégrination,
Je Te consulterai en toute occasion.
Et puisque Tu veux bien, dans Ta grandeur sublime,
Etre ainsi mon Ami précieux et intime,
Laisse-moi me hausser jusqu'à cette faveur,
Ton amitié m'étant la suprême valeur.