100 - MORTELLEMENT BLESSÉ
Je me couche pour m'endormir,
Sans souci comme sans désir
De savoir si je me réveille
Ici - ou là !
Un front courbé, endolori,
Est trop heureux d'être à l'abri.
Sans même chercher la tendresse
D'un sein aimant.
Je ne suis pas vif, empressé
Ni fort - tout cela est passé !
Ce que je veux, c'est ne rien faire,
Enfin ! Enfin !
J'ai travaillé un demi-jour,
Et voici ma part sans retour :
Je donne au Dieu de patience
Mon coeur souffrant ;
Je saisis encore Son drapeau
Bien que son bleu ne soit plus beau ;
Ces rayures et ces étoiles
Mènent à Lui.
Faible, rompu, sans dignité,
Mais fort encore pour supporter,
En réprimant même ma plainte :
" Jusques à quand ! Jusques à quand ! "